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COMPTE RENDU STAGE OKINAWA 2004

 
Comment faire…Comment faire pour ordonner, retranscrire et faire partager une multitude de sentiments et de souvenirs tous plus marquants les uns que les autres ?Nos treize jours à Okinawa sont sans doute les treize jours de ma vie que j’aurai le plus de mal à oublier… puis d’ailleurs, pourquoi le devrai-je ?
Les premières impressions
Dès notre arrivée sur cette petite île, au milieu de la mer de chine orientale, la première chose qui nous marqua, c’est le climat. A notre descente de l’avion, C’est une véritable gifle que nous reçûmes. En effet, il ne faisait pas si chaud que ça, mais c’est cette humidité et ce si agressif soleil qui nous marqua, nous français, habitués à un climat tempéré. Nous ne savions pas encore a quoi nous attendre, et pourtant le premier contact de l’île que nous avons eu se trouva être le meilleur. En effet nous fîmes dès le premier jour connaissance de Miguel, « super Miguel » car tel nous le baptiserons au cours du séjour, cet homme d’origines bretonnes, partit un beau jour à Okinawa pour y faire sa vie.
Pour aller à l’hôtel, nous prîmes un taxi. Première surprise, tout comme « nos amis » les anglais, à Okinawa on roule à gauche. Mais c’est le silence, la seule chose qui me revient de ce court voyage en taxi. Nous étions quatre dans celui-ci et les mots se faisaient rares. Nos regards étaient figés sur les fenêtres du véhicule, nous ne perdions pas une miette du paysage. Nous aperçûmes le Budokan, ce grand et beau complexe sportif qui respire les arts martiaux, où nous allions faire du karaté, son architecture rappelle un casque de samouraï. Nous aperçûmes aussi un étrange bâtiment que, de manière infantile, nous avons baptisé « la maison arbre ».
A peine arrivés à notre hôtel, juste après avoir pausé nos valises, et après avoir goûté la bière japonaise (en guise de refroidissement bien sûr), nous sortîmes tous dehors, afin de prendre quelques repaires dans toutes ces rues si peu différenciables dès le premier jour.
Les okinawaïens
Il n’y a rien à redire sur les okinawaïens. Tout les distingue des autres peuples que je connais. L’immense respect qui se dégage de ces gens m’a beaucoup touché. Le respect des règles de vie (Lorsque le feu des piétons est rouge, qu’il y ai du monde ou pas, les gens attendent, calmement et sans râler). Même sur la route, les règles ne sont pratiquement jamais bafouer (c’est bien simple, je n’est pas eu l’occasion de voir un seul policier dans la rue).
Le respect d’autrui est aussi très marqué à Okinawa. Les gens sont discrets, doux et accueillants. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu de colère, d’agacement et autres tensions, si présentes chez nous.
Il faut savoir qu’à Okinawa les gens travaillent entre soixante et soixante dix heures par semaine, et pourtant le professionnalisme des commerçants reste inaltérable malgré l’étouffante chaleur et « les touristes français qui ne comprennent rien. »

  
Nous avons eu l’occasion de faire connaissance avec certains japonais. (Cela devait ce voir sur nos visages, car, à chaque fois, ils devinaient que nous étions karatékas). La première personne que nous avons connue est un barman. Son bar, c’est moi, qui par hasard, l’ai découvert le premier jour en me promenant. Nous sommes allés le soir d’après boire un verre (nous étions bien décidé a goûté le saké…non pardon, l’awamori). Ce personnage nous a tout de suite apprécié et, après nous avoir fait goûter un awamori vieux de dix ans, il nous a gentiment offert une mangue. On a eu l’occasion également de connaître sa femme, Mizu, jeune femme avant tout magnifique, qui apprenait le français et qui donnait des cours de danses hawaïennes. (Autre preuve de la gentillesse des gens, elle nous a invités à venir la voir danser, et elle nous donnés son numéro de téléphone).
Nous fîmes connaissance de plusieurs autres personnes lors de la soirée « Okinawa - France » que Miguel avait organisée avec ses élèves.
Super Miguel
« Super Miguel », parlons-en ! Je connaissais ce personnage exemplaire, par l’intermédiaire de Pascal. Il nous parlait d’un ami à lui qui vivait à Okinawa, d’un personnage gentil et agréable qui aimait faire la fête. Mais, lors de notre séjour, il fut bien plus que ça. Malgré le fait qu’il ait beaucoup de travail (ce qui ne l’empêcha pas d’être parmi nous, son peuple de naissance, tous les soirs ou presque.) il était présent à la sortie de l’aéroport. Chaque visite, chaque magnifique image que nous avons volées d’Okinawa, c’est à lui que nous les devons. Nous fûmes tous stupéfaits par la présence incompréhensible japonais laissait place à notre anglais plus que médiocre. Ce que nous pouvons faire aujourd’hui, en repensant à ce magnifique voyage, c’est lever haut notre verre de bière en l’honneur de ce breton japonais, sans qui nous ne serions pas revenus aussi heureux de cette lointaine contrée… merci « super Miguel » !
Nage avec les tortues
Le mercredi 24 avril nous avions à notre programme la visite d’une île, l’île Tokashiki. Le voyage en bateau était plutôt court et nous voyions ce petit coin de paradis se rapprocher de plus en plus. Une fois arrivés, mise à part la chaleur, la verdure des collines et montagnes environnantes, et ce bleu de mer si apaisant, nous ne savions pas encore à quoi nous attendre. Mais après notre petit voyage en minibus, lorsque nous sommes arrivés à cet hôtel, et que devant nos yeux est apparut cette magnifique plage, nous savions que notre journée s’annonçait exceptionnelle.
Une fois tous installés sur cette magnifique toison dorée, face à ce grand drap bleu turquoise, les commentaires affluaient, nous n’étions plus sur terre. Pour certains d’entre nous c’était la première fois que nous nous trouvions face à un tel paysage. Mais le rêve ne s’arrêtait pas là. Il nous était possible, pour une somme modique, de louer du matériel de plongée, à savoir : masque, tuba et palmes. Une fois tous équipés, nous pouvions enfin faire connaissance avec la faune et la flore de ces eaux claires. Je me souviens encore de tous ces poissons, tous plus beaux et étranges les uns que les autres. Mais, l’animal qui m’a le plus marqué, c’est sans aucun doute ces merveilleuses tortues. Elles étaient si calmes, si peu méfiantes de nous, elles continuaient leur petit train de vie, accompagnées par les infatigables poissons jaunâtres, sans cesse collés sous leur carapace. Certain d’entre nous sont même resté plus d’une heure à leur côtés, a essayer de les toucher et de les suivre.
C’est mordu par le soleil et les yeux encore emplis de merveilles que nous sommes montés dans le petit car, puis dans le bateau. A mon avis, beaucoup d’entre nous, la nuit qui suivit, a nagé avec les tortues.
Le karaté goju- ryu
Avant les excursions, les okinawaïens et les tortues, notre véritable venue sur l’île était bien entendu le karaté. Où pouvions-nous trouver meilleur endroit pour pratiquer ce qui nous rassemblait tous, le karaté en son berceau ?
Outre l’étouffante chaleur, l’impression de manque d’oxygène (sûrement dues à la présence dans la même salle d’environ 700 karatékas), les entraînements n’étaient pas si difficiles. Quel bonheur pour nous, que d’écouter Maître Morio HIGAONA, personnage que, pour la plupart d’entre nous, n’avions vu qu’en photo ! Nous étions en constante envie de nous dépenser physiquement et de repousser nos limites. Je pense que nous n’oublierons jamais le dernier jour d’entraînement :
Imaginez un nombre impressionnant de karatékas, tous animés par la même envie de se dépasser, répondant aux exigences d’un seul homme ! Rien, même la chaleur et la fatigue, ne passait au-dessus de ses demandes, malgré la difficulté du kïon (exercice statique) et cette incessante répétition de mouvement, certains prenaient même plaisir à crier « moïshido » (ce qui signifie « encore »), afin de faire durer notre souffrance plus longtemps.
Je me suis laissé entendre que certaines personnes avaient tenté, de retour chez eux, de refaire cet exercice, mais sans succès… c’était peut-être la magie de l’île, ou alors la quantité d’énergie présente dans le dojo, qui nous a portés ce jour là…qui sais !
Les autres nations
49 Nations étaient présentes à ce stage mondial. Des indous aux américains, du sud de l’Afrique à l’Angleterre, tous les peuples étaient rassemblés pour la même passion…le karaté. Je me souviendrai longtemps du zèle des américains, du charisme des néo-zélandais, et de la sympathie des espagnols…
Les français
Nous venions à peu prés tous de coins différents de la France (Périgueux, Quimper, Guipry, Paris…etc.) et ce stage, le fait de nous lever tous à la même heure , de partager ensemble des moments inoubliables , et tout ça pendant treize jours, nous a beaucoup liés.
Texte de Germagnan Jeremy
Membre du Club: Agora karaté-Do

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