Au programme : kata Sanchin, musculation : pompes.
Après de courtes présentations, Senseï Léon
nous fait effectuer le kata Sanchin en comptant et en nous demandant
de nous concentrer sur le détail de chaque mouvement,
avec une contraction modérée des muscles et du
hara, pour commencer.
Ensuite, il nous explique, à travers diverses anecdotes
personnelles, sa vision et l’importance de ce kata dans
la vie de tous les jours. « La pratique quotidienne du
kata Sanchin a changé ma vie !», nous dit-il. Elle
lui a apporté force et résistance, bien-être
autant physique que mental. Mais je n’ai pas saisi toute
la valeur philosophique de sa conception du karaté, mon
anglais ne me le permettant pas. Ce que je peux dire, c’est
qu’il se dégage, de ce personnage, une spontanéité,
une ouverture d’esprit et un savoir - être remarquables,
qui le rendent très humain, disponible et dont l’intervention
a été très appréciée par les
modestes débutants que nous sommes.
Nous avons terminé la séquence par des pompes sur
les poings et par le kata, en donnant le maximum de nous-mêmes.
Atelier 2 animé par Senseï Katsuya YAMASHIRO, 6ème
dan, directeur administratif du Japon, 28 ans de pratique.
Au programme : kata Gekisaï Daï Ichi et Bunkaï.
Nous avons vu le kata en détail, technique après
technique, pour permettre de suivre à ceux qui ne le connaissaient
pas. Ensuite, par deux, nous en avons étudié les
bunkaï.
Ce qui m’a impressionné, chez Senseï YAMASHIRO,
c’est avant tout sa tonicité, sa rapidité d’exécution,
sa détermination et ses exigences à notre égard,
toujours soucieux du détail, du geste juste.
Vendredi 23 juillet
Atelier 1 animé par Senseï Katsuya YAMASHIRO et
senseï Léon PANTANOWITZ.
Au programme : kata Gekisaï Daï Ichi et Bunkaï.
Après l’échauffement traditionnel, nous avons
revu les techniques et le kata de la veille. Pour commencer,
l’accent a été mis sur le détail des
positions et des déplacements, avant d’enchaîner
par les techniques de poings et de pieds. Dans la phase terminale
de l’atelier, il nous a été demandé d’effectuer
le kata dans le rythme et en se donnant à fond, à trois
reprises. Les dix dernières minutes ont été consacrées
aux étirements.
Atelier 2 animé par Senseï Morio HIGAONNA et assisté par
Senseï Masaya MIYAWAKI, 6ème dan.
Au programme : exercices d’endurcissements et musculation.
Enfin le moment tant attendu, assister à un cours en comité (une
douzaine de débutants) sous la direction du célèbre
Maître ! Je crois que nous sommes tous très impressionnés
déjà par cette perspective et encore plus par sa
présence.
Homme de petite taille, il en impose par sa stature, par cette
force tranquille qui émane de tout son être. Ses
mains sont énormes, forgées par les années
de durcissements quotidiens ; l’épaisseur de cale
est impressionnante, autant sur les kentos, que sur le dessus
et le tranchant des mains. Je n’ai jamais vu ça
auparavant.
Au premier contact, Senseï Morio HIGAONNA nous demande,
avec un air amusé non dissimulé, si nous avons
la condition physique. Inutile de décrire ce qui peut à ce
moment-là traverser la tête des néophytes
que nous sommes. Le ton était donné !
Nous avons débuté par des séries de squats à un
rythme soutenu, puis enchaîné, après une
brève récupération, par des séries
de 20 pompes sur les poings dans une cadence très tonique.
Après cette mise en forme individuelle, nous nous sommes
mis par deux pour les exercices de musculation, chacun mettant à profit
le poids de son partenaire pour se renforcer. La difficulté des
saisies est accrue par la sueur qui ruisselle sur tout le corps
et notamment aux extrémités. Ma partenaire allemande,
très physique, fait preuve d’une volonté de
fer et me permet ainsi de travailler intensément.
Ensuite, me retrouvant seul pour les exercices d’endurcissements,
j’ai l’honneur et le privilège de les effectuer
avec Senseï MIYAWAKI en personne. Mon enthousiasme sera
de courte durée, acculé par la douleur brutale
de mes avants - bras déjà en feu, après
les premiers contacts seulement. C’est avec un petit rictus
et un air très détaché qu’il me demande
en anglais s’il doit appuyer un peu plus, question à laquelle
je m’empresse de répondre « No, thank you,
that’s good ! », en m’efforçant de cacher
ma souffrance et en pensant très fort « j’ai
mon compte, Senseï, merci pour la leçon ! »
Autant dire que les séries m’ont paru interminables.
J’ai dû serrer « les dents ! »
Atelier 3 animé par Senseï Laubscher BAKKIES, 8ème
dan, chef instructeur d’Afrique du sud, membre du comité exécutif
de l’I.O.G.K.F., 41 ans de pratique.
Au programme : hippon Kumite.
Décidément, la journée est faste ! A présent,
c’est au tour de Senseï BAKKIES de nous prendre en
charge. (J’ai eu l’occasion d’assister à un
stage sous sa direction l’année précédente à Quimper,
et je me réjouis à l’idée d’assister
encore à un de ses cours).
Sa stature est imposante, il semble avoir été taillé dans
le roc, avec de larges épaules et des mains comme des
battoirs. Sa rapidité de déplacement est incroyable
pour un tel gabarit et sa puissance est singulière. Ses
explications sont claires et limpides. Sa bonne humeur et sa
gentillesse sont perceptibles et communicatives.
Nous travaillons les hippon kumite pendant environ ¾ d’heure,
avec une intensité croissante, pour atteindre, en finalité,
une action la plus explosive possible, à la demande de
Senseï.
Samedi 24 juillet
Atelier 1 animé par Senseï Kazuo TERAUCHI, 7ème
dan, champion du monde de kumite tous styles Goju-Ryu, 36 ans
de pratique, assisté de Senseï Yuki TODA, 6ème
dan.
Au programme : échauffement et assouplissements. Kakieï.
Kata Gekisaï Daï Ni.
Une fois l’incontournable échauffement traditionnel
achevé, nous nous appliquons à reproduire les exercices
d’assouplissements que Senseï TERAUCHI nous montre,
avec un entrain enjoué et dont les grimaces emphatiques
nous font sourire. Nous travaillons par la suite le détail
du kata Gekisaï Daï Ni, dans la même atmosphère.
Homme trapu et d’apparence austère, senseï TERAUCHI
semble être un bon vivant, s’exprimant d’une
voix vive, souvent accompagnée de mimiques, de rires puissants
et parfois même … de grimaces. Notre gaucherie et
ses explications en anglais l’amusent, ce qui donne à ce
cours un climat d’une drôlerie presque surréaliste.
Mais ne nous y trompons pas, cela n’a cependant pas affecté la
qualité et la rigueur de son enseignement, bien au contraire.
Ce cours en reste mémorable.
Atelier 2 animé par Senseï Léon PANTANOWITZ.
Au programme : bunkaï et kata Gekisaï Daï Ni.
Séance photos.
Nous étudions tous les bunkaï du kata Gekisaï Daï Ni,
bien utiles pour faciliter sa compréhension, avant de
passer à l’application du kata lui-même. Nous
travaillons ainsi tout le détail technique tournant autour
de cet enchaînement, sous l’œil bienveillant
de Senseï Léon et ce jusqu’à la séance
photos.
Lundi 26 juillet
Atelier 1 animé par Senseï Masaya MIYAWAKI, 6ème
dan.
Au programme : bunkaï et kata Gekisaï Daï Ni.
En voyant senseï MYIAWAKI venir à nous, j’ai
aussitôt le souvenir cuisant de notre dernière rencontre,
et je redoute le programme de ce début de matinée
(vous comprendrez facilement l’objet de mes appréhensions).
Nous commençons par un échauffement traditionnel énergique
et passons en revue les bunkaï étudiés la
veille avec Senseï Léon. Les exigences de Senseï MYAWAKI
sont scrupuleuses, intransigeantes. Nous en faisons les frais
pendant toute l’application du kata qui a suivi. Senseï représente
pour moi à ce moment-là, toute la rigueur et l’esprit
qui font la notoriété du peuple japonais.
Atelier 2 animé par Senseï Henrik LARSEN, 6ème
dan, chef instructeur du Danemark, membre du comité exécutif
de l’I.O.G.K.F., 30 ans de pratique.
Au programme : hippon kumite.
Nous poursuivons avec Senseï LARSEN, homme athlétique
et vif. Le cours est très dynamique et rythmé par
les techniques de kihon, accompagnées de projections,
dont le plancher me rappelle impitoyablement mon manque de souplesse.
J’ai le plaisir de travailler « en retenue modérée » et
en commun accord avec le solide Jean-Pierre, cher compatriote
du club de Guipry, que je salue cordialement au passage.
Senseï LARSEN est d’une grande disponibilité,
n’hésitant pas à nous remontrer d’abord
les techniques décomposées, puis à vitesse
réelle.
Atelier 3 (collectif) animé par Senseï Morio HIGAONNA,
clôture du stage.
Au programme : squats et kihon en shiko-dachi (environ 1000
techniques de poings à un rythme croissant, pour terminer à une
fréquence infernale).
Nous nous retrouvons tous niveaux confondus, pour la séance
collective qui va clôturer ce stage international. La salle
nous est à présent presque familière, la
chaleur est toujours aussi élevée, mais paraît
moins accablante que la première journée. L’organisme
s’est adapté. Les corps et les esprits sont imprégnés
et enrichis de l’enseignement transmis tout au long de
ces quelques jours passés au sein du berceau des Arts
Martiaux d’Okinawa. 
Il règne dans la salle une atmosphère particulière,
probablement due à la conscience et à l’émotion
de vivre les dernières minutes de ce stage inoubliable.
Les séries de squats qui suivent nous prédisent
une fin de stage à un rythme endiablé, mais nous
sommes loin de penser à ce qui nous attend réellement
: ¾ d’heure de kihon en shikodachi, dont les dernières
séries paraissent interminables et avec kiaï, de
surcroît, à chaque technique. Il paraîtrait
que nous avons effectué environ 1000 techniques, mais
j’avoue que je n’ai pas compté et que je n’en
doute guère. Ce que je retiens de l’intensité de
cette séance, c’est que chacun s’est surpassé,
stimulé par toute cette énergie ambiante et la
passion commune du karaté, avec la félicité d’y
avoir participé.
Je souhaite à présent à tout pratiquant
d’avoir la chance de pouvoir exercer sa passion à la
source. Cette expérience reste intense et unique, quel
que soit le niveau de chacun.
Texte de Marc FROSZTEGA
Membre du Club: Agora karaté-Do